Faut-il s'inquiéter ? Même si le gouvernement japonais tente de relativiser les craintes liées à une récente flambée de cas d'infections sévères causées par une bactérie streptocoque du groupe A (SGA), la population s'interroge. Entre le début de l'année et le 13 mars, le pays a ainsi recensé 474 cas de syndrome de choc toxique streptococcique (SCTS), selon l'Institut national des maladies infectieuses. C'est plus de la moitié de tous les cas de SCTS recensés au Japon en 2023 (941). Pour autant, cette bactérie n'est pas inconnue des services de santé, comme nous l'explique Robert Sebbag, infectiologue à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière.
Qu'est-ce que cette bactérie "mangeuse de chair" ?
C'est un germe banal qui provient du groupe des streptocoques A (SGA), qu'on appelle bêta hémolytiques. La plupart des infections causées par le SGA sont bénignes, comme les angines bactériennes, qu'on soigne avec des antibiotiques. Il donne aussi la scarlatine ou l'érysipèle, une infection cutanée qui cause un œdème des membres inférieurs. Mais au Japon, ce qui inquiète, c'est qu'on trouve des cas de fasciites nécrosantes au niveau musculaire qui 'mangent' les tissus. Ces infections rares donnent l'impression que la chair disparait, d'où son nom. Sans une intervention rapide, cela peut mener jusqu'à l'amputation du membre infecté. Mais son évolution diffère d'une personne à l'autre. Les personnes diabétiques ont par exemple une plus grande sensibilité et sont plus à risques. Sinon, cette bactérie se soigne bien avec les antibiotiques comme l'amoxicilline.
Ce n'est pas une nouvelle maladie.Robert Sebbag, infectiologue à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière
Comment se transmet-elle ?
Le streptocoque est un germe qu'on trouve parfois au niveau de la peau, donc si on a une plaie ouverte, il peut y avoir un risque de contagion. Il est aussi au niveau digestif, donc il peut être dans les selles. Il peut aussi y avoir une transmission respiratoire, par les gouttelettes quand on éternue, ou bien évidemment si on a une angine infectieuse. Dans ces cas-là, il faut maintenir les gestes barrières et se laver régulièrement les mains.
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Doit-on la craindre en France ?
Cette bactérie est déjà présente en France et un rapport de Santé publique France notait déjà l’année dernière une recrudescence de ce type d’infection. En fait, on estime qu'il y a une augmentation en raison d'une baisse de l'immunité liée au Covid. On a été protégé durant quelques années, car il y a eu moins de contacts humains avec les différents confinements (des vagues d'infections invasives à streptocoque du groupe A ont en effet également sévi en 2022-2023 en Europe, en Amérique du Nord ou encore en Australie, ndlr). Mais fort heureusement, le nombre de cas reste rare. Dans mon service d'infectiologie, j'ai vu des érysipèles, mais je n'ai pas vu de formes nécrosantes. Ce n'est pas comme la variole du singe où subitement, on a eu des centaines de cas. Là, il faut savoir raison garder, ce n'est pas une nouvelle maladie.
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